mardi 9 mars 2010

C'est peut-être quelque chose comme une chanson. Ou un poème. Un tango. Un adverbe. Ou des fleurs. Une gerbe. Un volcan. Du feu. Ou de la colle.






C'est peut-être Mozart le gosse qui tambourine
Des deux poings sur l'bazar des batteries de cuisine
Jamais on le saura, l'autocar du collège
Passe pas par Opéra, râpé pour le solfège.


C'est peut-être Colette la gamine penchée
Qui recompte en cachette le fruit de ses péchés
Jamais on le saura, elle aura avant l'heure
Un torchon dans les bras pour se torcher le coeur


C'est peut-être Grand Jacques le petit au rire bête
Qui pousse dans la flaque sa boîte d'allumettes
Jamais on le saura, la famille est maçon
Râpé Bora Bora, un mur sur l'horizon


C'est peut-être Van Gogh le p'tit qui grave des ailes
Sur la porte des gogues avec son opinel
Jamais on le saura, râpé les tubes de bleu
Il fera ses choux gras dans l'épicerie d'ses vieux


C'est peut-être Cerdan le môme devant l'école
Qui recolle ses dents à coup de Limpidol
Jamais on le saura, KO pour ses vingt piges
Dans le ring de ses draps en serrant son vertige

C'est peut-être Jésus le gosse de la tour neuf
Qu'a volé au Prisu un gros œuf et un bœuf
On le saura jamais pauvre flocon de neige
Pour un bon Dieu qui naît, cent millions font
cortège



Allain Leprest
C'EST PEUT-ÊTRE






samedi 6 mars 2010

1922. Le I don't care de Celle qui doesn't care. L'enchanfantement d'une voix de crécelle. Mais qui ose le dire et le faire. Une femme d'ici là-bas.


Eva dans ses plumes


Eva Tanguay, la femme de ma vie ;-)
celle que je n'ai malheureusement rencontrée qu'aujourd'hui,
via la voix douce et féminine d'un Devoir qui grrrr...ose.



Verse 1


They say I'm crazy, got no sense,
But I don't care.
They may or may not mean offence,
But I don't care;
You see I'm sort of independent,
Of a clever race descendent,
My star is on the ascendant,
That's why I don't care.


"I Don't Care"

Words by Jean Lenox
Music by Harry O. Sutton

samedi 27 février 2010

Vancouver 2010. Au ras de la glace ou sur la neige. Sous la pluie ou dans la brume. Entre 2 joints, deux deuils & la flamme, les Jeux étaient faits.


Le flambe haut


Bravo à nos 5 super Canadians curlers: Adam Enright, Ben Hebert, Marc Kennedy, John Morris et Kevin Martin, ils ont été à la hauteur de notre flambe haut national mais surtout de leurs pierres...philosophales. Leur médaille d'or est bien méritée, ils nous ont offert une performance pas ordinaire. Y'aura toujours de ces disciplines aux Jeux qui ne t'intéressaient pas puis qui tout à coup te rentrent dedans comme une fléchette empoisonnée, ça te paralyse sur ton fauteuil le plus ou moins confortable pour une couple d'heures, ça te rive à lui jusqu'à ce que la victoire (ou la défaite) t'en fait lever...Et te voilà à la recherche du club de curling de ta région...Tu tombes ou tu tombes pas.

Les Jeux, dans le fond, c'est un peu fait pour ça: aller chercher des nouveaux clients, des futurs talents, ceux-là qui te feront la promotion de leurs disciplines (et de leurs produits dérivés) qui étaient plus ou moins " en demande". Que l'on soit acteur principal de ces scènes hivernales ou simple spectateur qui le regarde dévaler ses pentes raides, on finit tous par engraisser la caisse enregistreuse (et électorale) des marchands de skis, planches, patins, luges, bâtons, casques, gants, tuques, mitaines etc, et ce, que l'on soit commandité ou pas...

Bravo également à TOUS nos fabuleux patineurs de vitesse, que le Québec a tricoté serrés, ce fût une vraie joie de les voir remporter toutes ces médailles d'or, d'argent et de bronze, mais surtout de les voir savourer ces instants magiques qu'ils ne sont sans doute pas prêts d'oublier, et nous non plus.


GO CANADA VA
for tomorrow...
et aujourd'hui



vendredi 26 février 2010

jeudi 25 février 2010

Triple saut dans le vide. Arabesque. Piqué. Pirouettes/Cacahuètes. Une larme frôle la glace. Le patin glisse dessus. Le coeur ne perd pas pied. Émoi.




Les dommages du Désolant
l' hommage au Contentant
 
Comme des libellules
dans le ciel de West Side story


des hésitations
des oscillations
que le mal qui te fait
tomber quatre fois
pour te relever
dignement


pour terminer ta danse
pour perdre ta couronne


Cynthia
Lena
Keiko
Carolina
Alena
Kiira



La Finlande qui tournoie
en tes doubles axels

tes gestes, ton regard
ton beau visage
toute la beauté de son expression

17 ans et toutes tes dents
17 ans et tout ton temps
et pourtant tu tombes
tu perds l'équilibre
tu te rétrogrades
même si tu lèves
dans les airs


Laura
Ksenia
Elene
Min-Jung
Sarah
Julia
  Yan
 


C'est l'échauffement de la planète entière
c'est la chaleur des corps (dé) tendus
le temps d'une triple boucle réussie
pour un manque d’explosion
 
17 printemps
et encore tout ton temps

beaucoup
de temps...

pour réussir

d'autres petits pas glissant sur l'Ondoyant
d'autres petits pas craquant sur le Chatoyant
 
Miki
Rachael
Cheltzie
Sonia
Anastasia
Tugba



Minutie des liaisons
Étourdissantes pirouettes
Grâce des mouvements

C’est la Championne
Yu-Na Kim
qui danse sur Gershwin,
qui se concentre sur le Fa majeur

ce sera le concerto de sa vie

Sa Corée aidée du Canada
(des coach d’Amérique
pour la Bataille de l'Asie)

Elasticité
Électricité
Tout était parfait
pour la nouvelle reine
pour l'artiste
pour la machine
(qui a pleuré)


19 ans
228.56

et déjà multimillionnaire

qui bat un nouveau record
qui remporte l'OR...

et Elle,

Mao Asada

petite impératrice
qui sourit à la foule,
on dirait une poupée
un cygne rouge et noir
on dirait une fée

et pourtant

deux petites coches
un moyen dérèglement
qui ouvrent la porte à ...

Joannie

... qui entre comme une éclair
qui fait une ouverture exceptionnelle
qui s'exécute presque sans faille

qui pense sans doute à sa mère
qui pense sans doute à son père

(comme toutes les autres ont du le faire)

et aux
60 longues secondes
qui lui restent à faire
pour enfin accéder au podium

ce sera la victoire,
elle finira 3ème
(avec 202.64)

Mais ce soir
le bronze a brillé comme de l'or

La vie parfois, c'est fort....
et ...

Mirai

si belle et si touchante,
qui rit quand même,
même si ... 4ème
 
Cléopâtre peut reprendre son souffle
et aller se repoudrer le nez,
Samson et Dalila se rhabiller,
le secret de la force a été retrouvé

la compétition est maintenant terminée
(et les anges peuvent dormir en paix)

Made in Japan, USA, Korea
ou Canada,
il y aura toujours des
Joannie et des Rachael
pour nous faire vivre
de ces émois-là...

Le temps va
le temps GO...Canada!

Il file à travers le monde
pour s'en aller fêter
aux quatre vents
 
Va, temps,
Va t’en maintenant

Va t'en fêter les rois toi aussi
pendant que tu files...
lentement
(pour une fois)
 
elquidam
26 février 2010


lundi 22 février 2010

400 exemplaires pour contrer la peur. De l'huile de ténacité. De la couleur en noir et blanc. Du soulèvement. De la résistance. De l'or à ténèbres.


Paul-Émile Borduas
(1er novembre 1906-22 février 1960)
Bercement silencieux, 1956,
Succession Paul-Émile Borduas / SODRAC (2008)




1948


Discours de la douleur, chaleur de ses recueils;
Averse de ses couleurs au dedans de mon oeil
Splendeurs sur la rétine, envoûtements majeurs;
Tumultes des flots du gin, provisions pour les pleurs

Gestuelle abstraite d'une soeur jumelle
Révérence indiscrète faite à son auteur;
Mise à jour de leurs fonds de bouteilles,
L'Arroi silencieux pour leurs Corneilles

À cause du retour incontournable
de l'indubitable Grande Noirceur,
Peur mortelle de l'enfer sur terre,
comme celle du ciel inconcevable


espérons le mémorable

posted by LouiseL
04-09-05
Les déchets de la belvitude